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lundi 6 janvier 2014

Prix Nouvelles Mobilités pour le plan vélo de Toulouse Métropole

Le magasine Ville Rail & Transports vient de distinguer Toulouse Métropole pour son plan Vélo avec le prix "Nouvelles mobilités". L'occasion de féliciter et remercier tous les personnels des services impliqués dans cette politique. C'est un plan global volontariste qui a été distingué.


Il est intéressant de constater que c'est un plan autour du vélo - mode de déplacement ancien - qui est aujourd'hui associé aux nouvelles mobilités. Le vélo a beaucoup évolué ces dernières années avec de nombreuses innovations techniques et conceptuelles, au point d'envisager la mobilité autour d'un "système vélo" englobant l'ensemble de la mobilité douce (ou active) en lien avec notre espace public et l'objectif de mettre en oeuvre un code de la rue. L'intermodalité transports collectifs/vélo est un autre point clé.

Amélioration et évolution des aménagements cyclables et des rues apaisées, déploiement de services vélo diversifiés (stationnement, location, information, TIC), fortes incitations à la pratique (aide à l'achat de VAE, campagne de communication), formation (près de 5000 personnes formées en vélo-école, pour l'essentiel des enfants de CM1-CM2)..., 
Toulouse Métropole, qui a mis en oeuvre de nombreuses actions, doit maintenant les dimensionner au niveau des besoins des habitants de notre agglomération et des enjeux de nos engagements environnementaux. La question de la gouvernance et des moyens humains pour la mobilité active va se poser. D'autant que nos Autorités Organisatrices des Transports devraient évoluer en Autorités Organisatrices de la Mobilité Urbaine.

Nous n'en sommes donc qu'au début d'un changement profond de notre mobilité et les défis ne vont pas manquer dans les prochaines années. Le Plan de Déplacements Urbains de la grande agglomération toulousaine accorde au vélo une importance comparable à celle donnée aux transports collectifs pour réduire notre dépendance à l'automobile. J'espère qu'à l'avenir, nous verrons la reconnaissance de notre collectivité pour les objectifs atteints et pour un rôle de précurseur en matière de nouvelles mobilités.


mercredi 27 mars 2013

Quelle sécurité pour les cyclistes ?


Le début d'année 2013 à été marqué par deux accidents mortels à Toulouse. Comme souvent, ces drames auraient pu être évités par plus de vigilance de la part des pauvres victimes et en l'occurrence par le respect des feux rouges.

Ces dernières années, le nombre d'accidents à vélo a baissé alors que les cyclistes sont bien plus nombreux. Leur comportement est donc déterminant pour leur sécurité. Il n'est pas dangereux de se déplacer à vélo si vous suivez certaines règles :

  • respectez le code de la route... ;
  • soyez très attentif aux intersections : c’est là que se produisent la plupart des accidents ;
  • placez-vous pour être toujours visible et éviter l'angle mort des gros véhicules. Si vous voyez le conducteur d'un camion dans son rétroviseur extérieur, ça veut dire qu’il peut aussi vous voir. Ne doublez jamais par la droite à l’approche d’un carrefour ;
  • prévoyez une distance d’ 1 mètre par rapport aux voitures garées, pour éviter les imprévus, en particulier les ouvertures de portière (9% des accidents) ;
  • lorsque vous prenez un double-sens cyclable dans une rue à sens unique automobile, surveillez les voitures qui arrivent d’une rue perpendiculaire ou d’une sortie. Avez-vous été vu ? Dans le doute, signalez votre présence ou arrêtez-vous ;
  • klaxonnez ou criez en situation de danger ;
  • il vous faut un vélo en bon état de marche, avec des freins efficaces, des pneus bien gonflés, une sonnette, un antivol en U  (les plus sûrs) et surtout un éclairage !
  • anticipez votre trajet, en empruntant si possible les voies cyclables au moyen d'une carte des itinéraires cyclables et privilégiez les rues tranquilles.


Faire du vélo en ville s’apprend. La Maison Du Vélo propose une vélo-école pour les enfants et a déjà formé en 3 ans 4500 écoliers et plus de 2000 en 2012. Elle propose aussi des cours pour les adultes débutants le mercredi de 17h30 à 19h et une ballade pédagogique pour les cyclistes confirmés un samedi par mois. Renseignez-vous au www.maisonduvelotoulouse.com.

La sécurité dépend des comportements de toutes et tous. Lorsqu’on est automobiliste, la moindre des choses, c’est de respecter le plus «faible» qui fait l’effort de se déplacer à pied ou à vélo, c’est d’adapter sa vitesse pour anticiper tout imprévu : un enfant traverse brusquement la chaussée, aurez-vous le temps de freiner ?

La sécurité des cyclistes dépend donc d'eux-mêmes mais est aussi l'affaire de tous. Cela revient d’ailleurs au même puisqu'un Français de moins de 15 ans sur deux a fait du vélo ces douze derniers mois...


Accidentologie cycliste à Toulouse de 2007 à 2011


  • 7 tués (32 en voiture, 26 en deux-roues motorisés, 18 piétons)
  • 410 blessés dont 74 hospitalisés (1786 en voiture,1949 en deux-roues motorisés, 700 piétons) 
  • Nous sommes passés de 106 blessés par an en 2007 à  41 par an en 2011.

mardi 22 janvier 2013

Le vélo et les Français en 2012


Premiers résultats de l’enquête TNS Sofres/MTI Conseil « Le vélo et les Français en 2012 »

Jean-Marie DARMIAN, président du Club des villes et territoires cyclables, et Dominique LEBRUN, coordonnateur interministériel pour le développement de l'usage du vélo, ont présenté ce jour les premiers résultats de l'enquête sur «Le vélo et les Français en 2012 » réalisée, à leur demande, par TNS Sofres et MTI Conseil.


Les premiers résultats sont très encourageants pour le développement de l'utilisation du vélo au quotidien.

- La pratique du vélo augmente autant pour les loisirs que pour la mobilité « utilitaire » des Français.

• 45,5% des personnes interrogées de 15 ans et plus ont fait au moins une fois du vélo au cours des 12 derniers mois, soit près de 1 Français sur 2. Ils étaient, d'après l'étude « L'économie du vélo » (Atout France 2009), 40% en 2007 sur ce même périmètre.

• 97,9% déclarent avoir appris à faire du vélo et 78,2% déclarent en faire très bien.

Ces chiffres confirment que le vélo n'est plus un mode en déclin, ou résiduel. Il se « passe quelque chose » du côté du vélo dans les pratiques et les représentations des Français.



- L'usage utilitaire du vélo s'accroît. L'usage récréatif, déjà bien installé, se développe.

• Ils sont 14% à utiliser le vélo pour des motifs « utilitaires » comme aller au travail, à l'école/l'université ou faire des achats (parmi les 98% de la population ayant appris à faire du vélo).

L'enquête montre qu'il y a un fort potentiel de développement de la pratique du vélo : les pratiques occasionnelles et de loisirs - balades, activités physique et sportive, constituant des gisements de pratiques quotidiennes et utilitaires – travail, études, achats, démarches administratives…



- Le vélo s'installe - au-delà des pratiques – dans les modes de vie.

• Les professions intermédiaires (infirmières, instituteurs, assistantes sociales) utilisent plus le vélo (63,5% de répondant) par rapport à l'ensemble de la population, talonnées par les CSP+ (cadres supérieurs et professions libérales) avec 61,2%.

• Un tiers des 15 ans et plus affirme qu'ils feront du vélo pour leurs déplacements habituels dans les 2 prochaines années.

• Pour mémoire, on vend plus de vélos que de voitures chaque année en France : 3,2 millions de vélos / 2,25 millions de voitures neuves.



Focus sur les premiers résultats

- La possession d'un vélo ou l'accès à un vélo en libre-service (VLS) renforce l'utilisation et une utilisation plus fréquente.

• 70% des personnes interrogées possédant un vélo l'ont utilisé ces 12 derniers mois, et ils sont 17% à l'avoir utilisé au moins quelques jours par semaine. En revanche, ceux qui utilisent un vélo du foyer ne sont que 56% à l'utiliser et 7,5% à en faire un usage régulier.

Jean-Marie DARMIAN a rappelé que « l'Etat doit examiner sérieusement les propositions faites par le Club des villes et territoires cyclables pour encourager l'achat de vélos par les particuliers et l'acquisition par les entreprises de flottes de vélos qu'elles pourront mettre à la disposition de leurs salariés ».



Ces propositions ont été défendues en vain par le Club des parlementaires pour le vélo, en novembre dernier, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2013.

- Le vélo pour les déplacements domicile-travail émerge aux côtés des transports publics et dispose d'un fort potentiel.

• Parmi les 28,5 millions d'actifs en France, ils sont déjà 5,3% à l'utiliser pour aller au travail au moins quelques jours par semaine.



- Le vélo est « la solution 2 roues » - et non le deux-roues motorisé.

• Sur les 98% de la population française ayant appris à faire du vélo, ils sont 5,3% à l'utiliser pour leur déplacement domicile-travail quelques jours par semaine, contre 3,4% à utiliser un deux-roues motorisé. Pour aller faire des courses, des démarches ou des activités de loisirs, 15,9% se déplacent à vélo contre 8,4% en deux-roues motorisés.

• En Ile-de-France, les vélos dépassent les deux-roues motorisés avec 650 000 déplacements à vélo contre 600 000 en deux-roues motorisés (enquête EGT/STIF 2010), et plus encore chez les Parisiens (0,13 déplacements /par jour contre 0,09), dans un contexte de croissance des deux modes.



Pour Jean-Marie DARMIAN, ces premiers résultats confirment la nécessité d'une politique nationale vélo - autrement dit d'un cadre pour agir sur les bons leviers afin d'encourager le développement du « vélo mode de déplacement » – un remède anti-crise au service de la mobilité durable -, du « vélo loisir » - une pratique déjà bien installée -, du « vélo cyclotouristique et sportif », en bénéficiant de ses vertus notamment en termes de santé publique.

« Il faut encourager les dynamiques de transfert modal de la voiture solo vers le vélo et la combinaison vélo et transport public, et accroître l'usage du vélo chez ceux qui l'utilisent occasionnellement, et/ou pour les seuls loisirs, vers une pratique utilitaire et quotidienne. Les leviers pour ce faire résident dans la facilitation de l'usage : stationnement au domicile et sur les lieux de travail et d'études, conditions de circulation, de confort et de sécurité...

Les résultats complets, qui seront présentés lors du 20e congrès du Club des villes et territoires cyclables en mai prochain à Nice, devront aussi apporter des éclairages sur les attentes et les freins afin de prioriser les bons leviers ».



'Enquête réalisée en octobre et novembre 2012 par TNS Sofres auprès d'un échantillon représentatif de 5000 panélistes de 15 ans et plus, du Metascope, sur la base d'un questionnaire de 4 pages abordant les pratiques, freins, motivations et attentes des Français.'

Synthèse des résultats

La lettre du Club des Villes et Territoires Cyclables - 33 rue du Faubourg Montmartre 75009 Paris

tél 01 56 03 92 14 - fax 01 56 03 92 16 - info@villes-cyclables.org



vendredi 12 octobre 2012

La voiture électrique : une solution parmi beaucoup d'autres


voiture électrique et borne de recharge : modèle compact et Renault Zoé

La voiture électrique a des avantages :
- pas de pollution locale,
- pas de bruit en ville,
- un rendement 2,5 fois supérieur à celui de la voiture thermique.

Mais elle ne résout pas tout pour autant. Elle nécessite autant d’énergie pour la construire, avec en plus la fabrication et le recyclage des batteries. Sa faible autonomie la destine à la ville où elle occupe autant d’espace public qu’une voiture thermique. L’engorgement du réseau routier ne sera pas résolu...

Enfin, le devenir de la voiture électrique est d’abord lié à notre politique énergétique. Un parc composé uniquement de voitures électriques nécessiterait d’augmenter de près de 50 % la production d'électricité en France, soit par exemple 18 EPR pour un coût d’investissement de 110 Md €…, sans compter le nécessaire renforcement du réseau.

La voiture électrique est sans doutes une solution à développer, mais plutôt pour des flottes de véhicules professionnels, de livraison, ou pour de l’auto-partage… solutions qui resteraient minoritaires à court terme.

Une ville plus vivable, moins encombrée et polluée passe d’abord par un fort développement des transports collectifs et des mobilités douces.

Et concernant l'avenir du secteur automobile, ce n’est pas une mais un ensemble de solutions qui permettront de sauver les emplois, parmi lesquelles la diversification des activités.

samedi 24 juillet 2010

Retour sur Velo-City Copenhague

(en fin de message les liens vers les diaporamas thématiques)
Copenhague, c'est 37 % de déplacements à vélo, soit 1,2 Millions de km par jour. Leur objectif est de 50 % en 2015. New York et Londres s'en inspirent en faisant appel à leurs architectes.
Pourquoi tant d'attention pour les cyclistes? Un intérêt supérieur au notre pour la question écologique? Sans doutes mais pas seulement. Les Danois sont des pragmatiques. De même que le vélo a été pour eux une réponse à la crise pétrolière, les autorités considèrent que le vélo génère une économie d'argent public de 0,16 € / km quand les transports motorisés coûtent à la collectivité 0,09 € / km. Et les utilisateurs trouvent simplement le vélo plus rapide, pratique et économique...
Copenhague a commencé par expérimenter une rue piétonne en 1962. La piétonnisation a été la première étape pour changer la culture des déplacements dans la ville. Ensuite, le développement du vélo a été la réponse locale à la crise pétrolière dans les années 70. Aujourd'hui, l'essentiel du centre historique est libéré des voitures, les zones apaisées sont la règle dans les quartiers résidentiels et les pistes cyclables sont sur tous les grands axes. Une grande artère a même été fermée au trafic automobile (la Norrebrogade).
La communication est l'autre axe fort de la politique cyclable de Copenhague, avec l'objectif de valoriser les cyclistes. C'est la fonction des compteurs de cyclistes installés à des endroits stratégiques de la ville. L'un affiche plus de 1,5 Millions de passages depuis 1 an.
Mikael Colville-Andersen, par ses photos, vidéos et blogs est l'un des principaux artisans de cette valorisation des cyclistes locaux… et de la promotion de la ville dans le monde ! Il a même inventé un mot pour définir l'exportation de leur politique vélo : "Copenhagenize" (http://www.copenhagenize.com/). Il a aussi développé le concept "cyclechic" : un blog de photos de cyclistes d'une ville, afin de valoriser là aussi la pratique (http://www.copenhagencyclechic.com/), repris par de nombreuses villes dans le monde.
En matière de stationnement vélo, c'est plus confus, puisqu'il y a des vélos partout, la plupart du temps non attachés avec seulement un blocage de roue.

Pour atteindre l'objectif de 50 % de part modale vélo en 2015, des "autoroutes cyclables" sont à l'étude. Elles relieront les banlieues au centre-ville et les feux seront phasés en fonction de la vitesse des cyclistes. Une vidéo présente la politique vélo de Copenhague ici : http://www.copenhagenize.com/2010/06/copenhagen-bicycle-superhighways.html .

On retrouve la même qualité d'aménagement et le même soucis de communiquer pour le vélo chez la voisine suédoise Malmö (30 % de déplacements à vélo). Ils ont entre autre fait une campagne de communication sur les "petits trajet les plus ridicules en automobile" en réussissant à les réduire de 50 % à 38 % !

Retrouvez 4 diaporamas thématiques :

- les aménagements cyclables :

- accessibilité et rue apaisée :

- culture vélo :

- architecture :

dimanche 24 mai 2009

Audacieuse Bilbao

Virée à Bilbao ce week-end. Voici une ville très attachante, sortie de la crise dans les années 90 en faisant le pari de l'audace artistique. Le musée Guggenheim est une oeuvre en soi. On ne s'en lasse pas. Et toute la ville s'est mise au diapason de ce magnifique édifice.
Le parcours à pied du centre ville vers le musée, qui longe le fleuve, nous met déjà en appétit. On y croise des oeuvres belles, qui interpellent en restant accessibles. Même la passerelle piétons-cycles est dans le ton...



Enfin, le bâtiment de titane apparaît. Le fleuve est sinueux et la belle s'est un peu faite désirer.




Les 2 artistes présentés cette fois ci sont aussi dans cette même démarche où excellence et popularité peuvent aller ensemble.
Le chinois Cai Guo-Qiang manie entre autre le feu d'artifice (il a officié lors de la dernière cérémonie des JO). Mais la poudre à canon sert aussi à composer ses toiles... Et que dire de ses sculptures et installations. Que c'est vivant, dans notre temps. Qu'il arrive à trouver le ton juste pour être compris sans être récupéré.






Le japonais Murakami nous plonge dans l'esthétique manga, nous fait percevoir la complexité de la culture japonaise avec un grand écart permanent entre traditions, high tech et marchandisation. Tout cela dans un déluge de couleurs pleines de gaieté.














Parlons aussi de la ville dans son aspect plus quotidien. Bilbao est coincée dans une vallée et l'espace y est restreint pour caser ses 380 000 habitants. Il a donc fallu faire les choses dans le bon ordre : limiter d'abord l'espace donné à l'automobile et développer ensuite la piétonisation et les transports collectifs. Même le vélo a sa place le long du fleuve - mais le relief pyrénéen ne permet pas de miracles -.
Quelques leçons à tirer ?