lundi 20 décembre 2010

LOPPSI 2 : circulez, y'a rien à voir !

Attardons-nous d'abord sur ce que signifie "LOPPSI" : il y est question de "performance" en matière de sécurité intérieure. Ce terme renvoie plus au monde de l'entreprise, à une logique de privatisation...

Nous sommes bien loin de la prise en compte de l'humain, à commencer par les dispositions relatives aux personnes sans domicile fixe : la loi LOPPSI 2 prévoit une procédure d’exception, à l’initiative du Préfet et en l’absence du juge, pour expulser les habitants installés de manière « illicite ». Sans minimiser les questions de cohabitation entre personnes sans domicile fixe et riverains, il est quand même trop facile de vouloir résoudre ces situations en se dotant d'un arsenal juridique pour faciliter encore les expulsions.

La droite montre ici tout ce qu'elle porte de plus nauséabond. Au lieu de tenter de résoudre des difficultés, pour l'essentiel dues à la précarisation de plus en plus de gens, c'est tellement plus simple d'éliminer le "problème" par des expulsions, si besoin musclées et sans suivi judiciaire. Pour envoyer les gens où ? Hors de France ? Beaucoup sont français…

Puisqu'il est question dans cette loi de "performance", interrogeons-nous sur le coût social d'un dispositif créant encore plus de désespoir dans la population. La manifestation de samedi s'est terminée par des affrontements très durs en plein centre de Toulouse. S'agit-il vraiment d'améliorer le Vivre ensemble, ou de servir les intérêts des lobbies de la sécurité ?

C'est avec des projets comme ceux-là qu'on banalise les idées d'extrême droite et qu'on fait le jeu de Madame Lepen… Et l'histoire nous enseigne que les électeurs préfèrent l'original à la copie.

vendredi 17 décembre 2010

Débat sur les VélOToulouse

Ma réponse en conseil municipal au voeu porté par Jean-Luc Moudenc en faveur d'un plus grand rééquilibrage entre les stations de VélOToulouse.

Je vous remercie pour votre voeu qui est l'occasion de faire un point sur les VélOToulouse et plus généralement sur les services vélo.
Les avantages des Vélos en Libre Service (ou VLS) sont évidents : je retiendrais surtout la visibilité, l'image positive et novatrice qu'ils ont donné au vélo, et aussi le fait qu'ils ont permis aux sceptiques de s'y remettre.

Nous devons aussi regarder les inconvénients du système parmi lesquels le coût pour la ville : 4, 7 M € par an, ce qui revient à 2000 € par vélo et par an. 2 à 3 fois plus que ce que vous avez consacré annuellement aux aménagements cyclables pendant votre mandat ! Mais nous sommes au niveau d'un coût par déplacement comparable à nos transports collectifs. Donc, ça se défend. Mais quand je vois une ville comme Strasbourg dépasser les 10 % de déplacements à vélo sans avoir de VLS, je ne peux m'empêcher de penser qu'il aurait fallu commencer par un plan vélo global avec en premier lieu des aménagements cyclables continus et de qualité.

Le voeux du groupe UMP indique un autre problème : celui de la vacuité ou de la saturation de certaines stations à certaines heures. Mais nous ne pouvons pas attendre que des universités, des stades ou des lieux de spectacles puissent être desservis efficacement par des stations VélOToulouse pouvant accueillir au maximum une soixantaine de vélos. Je regrette que vous le découvriez maintenant, Mr Moudenc.

A nous de proposer aux Toulousains d'autres moyens de pratiquer le vélo urbain. C'est le sens de la convention passée entre le Grand Toulouse et la Maison du Vélo qui propose la location de vélos classiques ou pliants. C'est le sens de l'évolution récente du PLU, pour développer le stationnement des vélos dans les logements neufs. C'est enfin le sens du plan vélo en préparation qui doit nous permettre entre autre de développer encore le stationnement sécurisé et la location.

Après, nous avons bien sûr en tête d'améliorer le service rendu par les VéloToulouse et en particulier d'obtenir une meilleure rotation.

Mais ôtez-moi d'un doute… Ce contrat qui nous engage pour 15 ans à 4,7 M € / an, avec comme vous le dites, un service qui doit être amélioré, c'est vous qui l'avez signé… Je trouve assez fort que par un voeu, vous nous demandiez de renégocier quelque chose que vous avez vous-même conclu pour 15 ans.
Eh bien figurez-vous que c'est déjà ce que nous sommes en train de faire. Mais contrairement à vous, non contraints il est vrai par une échéance électorale, nous avons choisi de prendre le temps de négocier dans l'intérêt des usagers et de la collectivité.

jeudi 16 décembre 2010

A propos des projets de LGV.

Après les vifs échanges en conseil de communauté entre PS et EELV sur les projets de LGV Tours/Bordeaux et Bordeaux/Toulouse, voici quelques arguments...



Les écologistes soutiennent depuis longtemps le train plutôt que l'avion et la route.


Mais un projet de cette ampleur et de ce coût doit s'inscrire dans la vision globale d'une ligne ralliant Montpellier et Barcelone, et d'une relance du fret ferroviaire - en particulier grâce à la voie ferrée libérée - . Sans assurances sur ces points, le partage de la ligne existante entre TGV et TER devient l'option la plus réaliste.

Avec les travaux prévus sur le tronçon Tours Bordeaux, Toulouse serait déjà à 4h de Paris. Sans doutes de quoi convaincre de nombreux usagers de l'avion lorsque le baril de pétrole dépassera les 200 $.


Sur le plan financier, ce sont plusieurs centaines de millions d'€ que les collectivités locales devront mettre au pot du projet de LGV Bordeaux Toulouse. Autant d'argent à ne plus consacrer à nos transports en communs locaux, à nos réseaux cyclables… Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Vaut-il mieux gagner 45 minutes pour rallier Paris ou avoir plusieurs nouvelles lignes de tram dans l'agglomération ? Que valent les quelques milliers de bourgeois qui voyagent quotidiennement entre Toulouse et Paris, par rapport aux (quelques) CENTAINES de milliers d'usagers actuels et potentiels des transports collectifs et aménagements cyclables de l'agglomération toulousaine ? A lire le préambule du point d'étape du Plan de Déplacements Urbain traitant des transports collectifs, ces privilégiés seraient donc en partie responsables de ce PDU moins ambitieux ?


Est-il normal que depuis les années 2000, l'Etat se désengage à ce point de projets d'infrastructures nationaux et européens ? Pourquoi nos collectivités devraient-elles payer pour nous rapprocher de Paris ? Peut-être serait-il plus pertinent de nous rapprocher d'abord de Barcelone... Est-il normal qu'avec les Partenariats Public Privé, l'argent public finance d'énormes rentes pour des groupes privés ? Est-il normal qu'un état organise la concurrence entre les collectivités territoriales pour le développement des infrastructures nationales ?


Aujourd'hui, le premier argument commercial pour un avion de ligne est sa consommation, donc son coût de fonctionnement. Il serait peut-être utile de considérer le train sous cet angle. Les techniciens nous disent qu'au delà de 250 km/h, l'efficacité économique du train baisse, et même que 220 km/h suffisent.

A la voix des techniciens, ajoutons celle des usagers réguliers de la SNCF. Que demandent-ils ? "Plus vite, plus vite !" ou "Donnez-nous notre train quotidien !", si possible fiable, régulier et confortable... Le réseau ferré est plus que vieillissant. Il faut s'atteler en urgence à sa modernisation. Le train n'a pas vocation à ne desservir que les métropoles et prendre le reste des habitants de ce pays pour des vaches... à lait.


J'en oublierais presque les questions écologiques... Quel serait son impact environnemental réel en construction et en fonctionnement ? En aménagement du territoire. En émissions de Gaz à Effet de Serre. En biodiversité... Après tout, même si l'on ne s'en rend pas compte à 250 km/h, ce ne sont pas que les contribuables non desservis qui regardent passer le TGV.


Enjeu écologique, enjeu financier, enjeu de société : dans quel monde voulons-nous vivre ? Nous avons tous rêvé d'un monde futuriste où l'on voyageait à grande vitesse. C'était le temps du Concorde, des routes sans limitation de vitesse, des hydroglisseurs, des trains sur coussin d'air et aussi... des débuts du TGV ! Mais déjà, le pétrole, à défaut de manquer, nous faisait quelques "chocs" et nous nous mettions à vouloir "avoir des idées", faute de pétrole, à dire "La vitesse, c'est dépassé".

Pensons d'abord à moderniser les trains existants pour y rendre les voyages plus propices au travail, plus agréables et plus reposants. Après tout, quoi de plus rapide dans un emploi de temps qu'un trajet en train de nuit (à condition d'arriver à y dormir...) ?


Essayons d'anticiper notre futur le plus probable, plutôt que de rester figés dans un futur rêvé, mais dépassé.

jeudi 2 décembre 2010

Sanction maintenue pour Alain Refalo : le gouvernement s'acharne et refuse l'apaisement.

Communiqué Philippe Goirand, porte-parole d'EELV Toulouse et d'Antoine Maurice, président du groupe des élus EELV du Grand Toulouse.

Les militants et les élus EELV du Grand Toulouse apportent leur entier soutien à Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers, après le maintien de la sanction qui le touche. Malgré la recommandation du Conseil Supérieur de la Fonction Publique de l'Etat (CSFPE), de convertir la sanction en un simple blâme, le ministre de l'éducation Luc Chatel a décidé de maintenir une sanction lourde et disproportionnée (l'abaissement d'un échelon) à l'encontre d'Alain Refalo.

Rappelons que son acte de désobéissance se résumait à organiser un atelier théâtre pendant les 2 deux heures hebdomadaires d'aide personnalisée. Rappelons aussi que cette aide personnalisée a été mise en place à la rentrée 2008 pour justifier la réduction du nombre d'heures d'enseignement hebdomadaire (de 26 à 24), et la suppression de 3000 postes de RASED. Rappelons enfin que sa mise en place brutale et sans concertation a laissé bon nombre
d'enseignants dans la perplexité d'une difficile interprétation de son application, surtout en début d'année scolaire. Alors, pourquoi pas un atelier théâtre ?

En refusant la mesure d'apaisement recommandée par le CSFPE, le gouvernement veut faire d'Alain Refalo un bouc émissaire, et réduire la contestation des nombreux enseignants qui témoignent de conditions d'enseignement se dégradant d'année en année. Finalement, il s'agit de mater cette nouvelle forme d'action qu'est la désobéissance civile.

Les tensions que connaît l'Education Nationale (et les services publics dans leur ensemble) sont la conséquence d'une réduction drastique des moyens imposée par un gouvernement obsédé par l'idéologie boutiquière de la chasse aux fonctionnaires et du transfert des richesses au privé.
Affaiblir le système éducatif public, c'est organiser à la source l'explosion des inégalités.

lundi 29 novembre 2010

4 ème révision du Plan Local d'Urbanisme et vélo

(Intervention pour les élus EELV au conseil municipal de vendredi 26/11/10)

Pierre Cohen a justement redit que l'objectif du PDU était d'abord de réduire la place de l'automobile en multipliant les solutions alternatives à la voiture particulière. Et c'est aussi par un fort développement du vélo que nous pourrons réduire en valeur absolue l'engorgement automobile.
Le stationnement sécurisé des vélos est, après la sécurité des cyclistes, le facteur le plus important pour développer le cyclisme urbain.
La 4ème modification du PLU est l'occasion d'instaurer de nouvelles normes de stationnement pour les 2 roues. Leur seront consacrées des surfaces correspondant à 4% des surfaces habitables pour le logement et 6% pour les bureaux.
Bien sûr, nous aurions préféré que ces nouvelles normes distinguent les vélos des 2 roues motorisés, et précisent la nature des aménagements pour stationner les vélos en sécurité. Nous essaierons d'aller plus loin a l'avenir, dans un contexte réglementaire compliqué, en regrettant que le Grenelle de l'environnement ne marque pas d'avancée sur ce sujet, comme sur le vélo en General.

jeudi 25 novembre 2010

Interview sur radio FMR

Merci à l'accueil de Dominique Burdin pour radio FMR à son émission MACH-BIO. Mon interview de mercredi 18 novembre peut être écoutée sur le site Mach-Bio: http://machbio.blogspot.com/ .

lundi 15 novembre 2010

Oh eelv, prend ton envol !

Week-end au vert dans le val d'Aran avec un oeil sur mon mobile pour suivre la création de notre nouveau mouvement écologiste. Mais quel animal peut bien être ce Eelv ? Un oiseau, bien sûr, comme celui que j'ai photographié le même jour sur le plat de Beret. Souhaitons-nous de prendre notre envol pour aller loin. Je ne vois pas d'autre voie pour le renouvellement des idées, de la vie politique, du vivre ensemble...
Après, l'actualité est principalement occupée par le changement de packaging d'une marque de soupe. Les aspects greenwashing et consensuels ont été en partie gommés. La formule reste, en plus concentrée...
Raison de plus pour proposer de nouvelles recettes, plus nourrissantes, digestes et à la portée de tous.

mardi 9 novembre 2010

A propos du procès du chauffard qui a tué Jonathan

Hier s'est tenu le procès du chauffard qui a tué Jonathan, jeune cycliste de 19 ans qui a eu le malheur de se trouver sur sa folle trajectoire cette nuit du 3 avril 2009 boulevard Séjourné.
L'association Vélo s'est portée partie civile à ce procès ce qui semble être une première. Lors de la cérémonie il y a un an sur le lieu du drame, la famille a bien indiqué qu'elle soutenait l'action de l'asso Vélo consistant à médiatiser cette triste affaire, pour sensibiliser les Toulousains sur la nécessité de changer certains comportements, mais aussi pour interpeler les pouvoirs publics sur les aménagements à réaliser pour sécuriser les déplacements doux.
L'asso Vélo demande en particulier une voie bus ouverte aux vélos pour ne plus avoir une 2 x 2 voies automobiles à cet endroit. Je suis d'accord sur le fait qu'une ville du XXI ème siècle ne doit plus avoir de 2 x 2 voies en pleine ville, si on veut favoriser les déplacements alternatifs. Mais une voie bus doit d'abord être justifiée par la présence d'un bus, ce qui ne se décide pas du jour au lendemain.
Tous ces sujets associés pourraient laisser penser que l'aménagement de cette voie bus aurait pu permettre d'éviter l'accident. Ce n'est probablement pas le cas, parce qu'un chauffard ivre n'a que faire des marquages au sol le cantonnant sur une voie.
Je suis mal à l'aise dans le lien qui est fait entre drame et polémique. Il y a un temps pour chaque chose. Hier, et encore aujourd'hui, j'ai repensé au drame. Et je n'ai pas voulu me rendre au procès pour ne pas répondre (et par là même alimenter) la polémique.

lundi 18 octobre 2010

Concert du groupe Sexion d’Assaut à Toulouse : une décision à reconsidérer

Communiqué de Régis Godec, président du groupe des élus Verts à la mairie de Toulouse et de Philippe Goirand, porte-parole du groupe local des Verts de Toulouse.

Le 22 octobre, un concert du groupe de de « Sexion d’Assaut » est programmé sur la scène du Ramier. L’un des membres de ce groupe s’est scandaleusement illustré par cette déclaration, publiée dans magazine « International Hip Hop » de juin dernier : "Pendant un temps, on a beaucoup attaqué les homosexuels parce qu’on est homophobe à 100 % et qu’on l’assume." Il a également qualifié l’homosexualité de "déviance qui n’est pas tolérable".

Bien avant cette interview, Sexion d’Assaut avait ponctué certains morceaux de propos de haine envers les homosexuels. Jusqu’à cet appel au meurtre : « Je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent, coupe leur le pénis, laisse les morts, retrouvés sur le périphérique ».

Face à des messages aussi scandaleux, nous rappelons que la loi réprime la publication de propos injurieux ou caractérisant une provocation à la violence envers les personnes homosexuelles. Et nous nous associons à l’indignation exprimée par les associations de lutte contre les discriminations.

Partout en France des propriétaires de salles de spectacles ont pris leurs responsabilités, puisqu’une douzaine de concerts de Sexion d’Assaut ont été annulés à ce jour.

Nous regrettons que le gérant du Ramier ne semble pas décidé à prendre les siennes. Monsieur Lasserre croit opportun de justifier sa décision de maintenir le concert en affirmant qu’on ne peut pas le qualifier d’homophobe, puisqu’il est propriétaire d’une boîte de nuit fréquentée par la communauté homosexuelle. Outre que les opinions personnelles de Monsieur Lasserre sont d’une importance assez secondaire dans cette affaire, il ne peut se dédouaner ainsi de choix de programmation qui l’engagent, de la même manière que n’importe quel acteur culturel est engagé par ce qu’il propose au public.

C’est pourquoi, en tant qu’élus d’une municipalité engagée contre le racisme et toutes les discriminations, nous l’invitons vivement à reconsidérer sa décision.

jeudi 14 octobre 2010

Plénière des Verts/EE et politique vélo.

Mardi prochain en plénière des Verts/EE, je présenterai la politique vélo au niveau toulousain et grand-toulousain. N'hésitez pas à m'envoyer déjà vos questions.
D'autre part, je vous propose de participer à une action de communication collective pour promouvoir le vélo urbain : il faudrait que vous veniez si possible à vélo et que vous m'indiquiez la distance et la durée d'un trajet régulier à vélo.

lundi 11 octobre 2010

Double-sens cyclable, version western frite

Continuons les tribulations de Raph Ancel dans un contre-sens cyclable...

0 émissions de CO2, en mouvement : la version belge.

Après la version française, rattrapons le coup avec ces superbes vidéos belges, savant mélange d'humour et de pédagogie. La suite ici : http://www.gracq.be/CAPSULES/Accueil .

0 émissions de CO2, en mouvement

La dernière pub Citroën pour la nouvelle C4 a de quoi faire réfléchir. On y voit une foule de cyclistes suivre un voiture parce qu'elle ne pollue pas à l'arrêt (son moteur s'arrête automatiquement). Le message est : "0 émissions de CO2, à l'arrêt".
De formation publicitaire, l'envie me prend d'essayer d'identifier les messages cachés de ce film, messages pas forcément souhaités par leurs auteurs...

Les points positifs : la rue appartient aux cyclistes et la voiture est l'exception (dommage que les piétons et transports collectifs en soient absents). Le point de vue des cyclistes est la référence en matière de déplacement écolo, même pour choisir une voiture. Après tout pourquoi pas. La plupart des cyclistes possèdent une voiture, même s'ils cherchent à l'utiliser intelligemment.
En négatif : dans quel pays sommes-nous ? Pas en France... aux USA. Quelles têtes ont nos cyclistes. Diverses et variées, mais forcément très caricaturales... Nous sommes dans la diversité, la tolérance, le partage, mais c'est tellement forcé, irréel avec ces rues presque vides hormis nos cyclistes et notre C4, que nous pourrions être... sur une autre planète... genre remake américain de "La belle verte" de Coline Serreau.
Donc, le vélo, c'est super, mais pas forcément pour nous, petits français.

Enfin, on avance... Le vélo est passé du statut de véhicule ringard à la caution "green washing" pour vendre un autre produit... Mais la frustration grandit de ne pas avoir encore une campagne nationale incitant chacun à se mettre au vélo ! Le slogan en est tout trouvé : "0 émissions de CO2, en mouvement !".

jeudi 7 octobre 2010

Plan vélo du plan climat ?

Le plan climat du Grand Toulouse a été lancé aujourd'hui en présence d'un auditoire moyennement nombreux où les élus du Grand Toulouse étaient particulièrement peu présents... Pierre Radanne a été appelé pour orchestrer la manoeuvre, ce qui est assurément un excellent choix. Sa première tâche sera probablement de mobiliser les énergies... humaines.

Invité à la tribune, j'ai pu y "dérouler" ma vision d'un plan vélo pour ce plan climat.

Qu’attendre d’un plan climat ? Qu’il intègre entre autre un plan vélo...
En matière d’état des lieux et d’objectifs, le travail a été en partie réalisé par nos prédécesseurs : les discontinuités cyclables majeures ont été identifiées, priorisées par un schéma directeur et une programmation pluri-annuelle.
Mais la programmation s’enrichit continuellement au fil des nouveau besoins identifiés, en lien avec les habitants du Grand Toulouse (je pense en particulier aux retours issus des assises de la mobilité) et en lien aussi avec les associations. De plus, l’objectif d’avoir des voies cyclables continues me semble devoir être continuellement réaffirmé. Enfin, développer le vélo ne peut pas se résumer à plus de pistes ou bandes cyclables...

La qualité des aménagements est un facteur essentiel pour donner aux cyclistes la sécurité et le confort qu’ils méritent. Ils font l’effort de se déplacer sans polluer. Nous leur devons bien cela, même s’ils bénéficient déjà d’une meilleure santé et gagnent plus de temps dans leurs déplacements quotidiens. La charte technique des aménagements lancée cette année sera rapidement, j’espère, l’outil qui nous manque actuellement.

La généralisation des zones à vitesse modérée (zone 30, zone de rencontre), ainsi que la mise au norme des zones 30 existantes afin de généraliser les double-sens cyclables dans les rues en sens unique, voilà des aménagements qui contribueront aussi à développer largement le vélo en ville.
J’insiste au-près des sceptiques sur le fait que les contre-sens cyclables en zone 30 sont générateur de sécurité pour les cyclistes, parce qu’ils sont plus visibles et raccourcissent leurs trajets. Pour peu, évidemment, que les aménagements des zones 30 soient qualitatifs.
Mais de tels aménagements restent peu chers et peuvent être déployés rapidement.

Plus généralement, l’accompagnement de la pratique cycliste doit se traduire par un plan d’action comportant de multiples volets : intermodalité avec les TC, stationnement sécurisé en toutes circonstances, location de courte ou longue durée, aide à l’acquisition de vélos pliants ou électriques, information, formation... Nous devons toucher un maximum de gens par des actions variées. Le cycliste n’est pas seulement ce militant fagoté dans son gilet jaune fluo qui énerve l’automobiliste bloqué dans les bouchons, ou alimente la polémique à l’envie des médias locaux... Le cycliste est divers et a des attentes diverses en matière d’aménagements et de services. Pour tout vous dire, ce n’est pas le militant cycliste qui m’intéresse le plus. C’est le futur cycliste qui m’intéresse. Celui (ou celle) qui n’a pas encore imaginé qu’il pourrait être cycliste. Je suis sûr que certaines ou certains parmi vous ne s’imaginent pas cyclistes urbains...

Ce futur cycliste, il faut le réveiller. Ca passe bien sûr par la communication. Plus précisément par une stratégie de communication, qui peut être tour à tour ciblée ou massive, mais doit être régulière et créative.
Pourquoi les pays du Nord communiquent-ils autant pour développer le vélo, alors qu’ils ont déjà beaucoup plus de cyclistes urbains que nous ? Parce qu’ils savent que si c’est fait correctement, c’est peut-être le meilleur investissement à faire pour changer les habitudes.

C’est donc un plan d’action global pour le vélo qui faut, comme pour d’autre domaines impactant directement nos émissions en GES.

C’est au vu des moyens affectés que notre plan climat sera apprécié.
En matière de vélo, les investissements nécessaires sont globalement évalués. La programmation des aménagements cyclables de la CUGT, c’est 45 M €, hors grands projets qui impactent aussi le vélo, ou encore les zones 30. Le dernier projet de PDU approuvé par la CUGT nous situe dans les mêmes ordres de grandeur en chiffrant l’ensemble des investissements cyclables à 150 M € pour le périmètre Tisséo d’ici 2020, ce qui représente environ 100 M € pour la CUGT ou encore 10 M € par an. Reste à évaluer les actions complémentaires. Le groupe de travail Vélo qui se tiendra tout à l’heure nous permettra d’en savoir plus.

Nous sommes donc à peu près à un niveau d’investissement comparable au tram Garonne. Ayons bien en tête qu’il s’agit d’un plan d’urgence pour nous mettre au niveau de nombreuses villes européennes, avec en ligne de mire un impact fort sur l’ensemble du Grand Toulouse et la réalisation de l’objectif que nous nous sommes fixés en signant la charte de Bruxelles : 15 % de déplacements cyclistes en 2020 contre environ 4 % actuellement.

Je crois sincèrement que l’investissement dans le vélo est de très loin le plus rentable pour réduire l’utilisation de la voiture en ville, sans parler de toutes les économies générées en matière de santé, ou encore de préservation de la voirie. Mais il faut quand même “quelques” moyens.

Pour faire de la bonne musique, il faut de bons musiciens, et éventuellement un chef d’orchestre. Plusieurs chefs d’orchestre, c’est plus compliqué...
La concentration des actions pour le vélo au niveau d’une seule institution qu’est la CUGT est donc une bonne chose.
Gageons que le lancement de ce plan climat communautaire soit un signe fort en matière de bonne gouvernance et de partage efficace des responsabilités.

mardi 28 septembre 2010

Encore plus de voitures en ville ?

(Communiqué diffusé en tant que porte-parole des Verts Toulouse)


Une expérimentation visant à faciliter le stationnement de manière "intelligente" est en cours actuellement à Toulouse. Nous nous interrogeons sur l'objectif poursuivi et sur le montant de l'investissement envisagé. S'il s'agit de réduire la place de la voiture en ville en privilégiant le stationnement résident ou de certaines activités dépendantes de l'automobile, pourquoi pas. Mais s'il s'agit de faciliter le stationnement en général, c'est un afflux supplémentaire de voitures que nous obtiendrons, avec toutes ses conséquences en matière de pollution, d'insécurité, de bruit, et finalement d'engorgement de la ville… Donc, plutôt que de dépenser l'argent public à vouloir gérer les files d'attente automobiles, il est bien plus urgent de réduire le flux en ne garantissant le stationnement qu'aux automobilistes qui en ont vraiment besoin.


Alors que tant reste à faire pour les transports collectifs, les déplacements doux, un espace public plus accueillant, accessible et mieux partagé, souhaitons que le nouveau Plan de Déplacements Urbains ne tarde plus, reste ambitieux et clair sur les priorités. C'est une question de crédibilité au regard des engagements pris, du plan climat communautaire qui se dessine, ou encore de l'évaluation environnementale qui sera faite de ce PDU.

vendredi 24 septembre 2010

Prison Saint-Michel

(Intervention en conseil municipal pour le groupe des élus Verts toulousains)

J'interviens pour le groupe des Verts, mais aussi en tant qu'élu du quartier 5.3 et donc du quartier St-Michel. Nous allons bien évidemment voter cette délibération et nous souhaitons vraiment qu'elle soit approuvée unanimement.

Quelques points complémentaires. En plus d'être un lieu de mémoire, un patrimoine irremplaçable, la prison St-Michel donne l'opportunité de créer la centralité qui manque au quartier, en laissant apparaître l'organisation du bâtiment en étoile, en proposant un ou plusieurs équipements collectifs. Rappelons que le quartier St-Michel est particulièrement peu pourvu en la matière. Qui plus est, ces équipements se trouveraient non loin du futur quartier des sciences et ne seraient pas seulement tournés vers le quartier mais vers toute la ville.

Soyons bien conscients des possibilités exceptionnelles qu’offre ce bâtiment. L’abandon de cette perspective serait donc une cruelle déception pour les habitants du quartier, mais aussi la perte d’une opportunité d’envergure telle que les villes en rencontrent rarement.

Il est donc évident que la Ville doit acquérir la prison et offrir à ce lieu le projet qu’il mérite.


Question à l'opposition :

Si vous aviez un projet culturel pour la prison St-Michel, pourquoi n'avez-vous pas modifié le plan local d'urbanisme pour protéger le site ?


Plan de mobilité des employés

(Intervention en conseil municipal pour le groupe des élus Verts toulousains)


Les Verts vont voter pour ce projet de Plan de mobilité des employés qui comporte de nombreux points intéressants. L'incitation à l'usage des transports collectifs, au co-voiturage, à l'autopartage, la mutualisation des véhicules de service, l'utilisation des technologies de l'information en alternative au déplacement… Toutes ces mesures vont dans le bon sens.


Le vélo occupe une place de choix dans ce plan.

Avec la mise à disposition de vélos, classiques, pliants ou électriques ou d'abonnements VélOToulouse, l'installation de garages sécurisés et d'ateliers de réparation pour les vélos, de douches, toute une panoplie de mesures incitatives apparaît. Gageons qu'une nouvelle culture du déplacement écologique se développe, que des lignes de bus cyclistes soient mises en place ou encore qu'un site de la mairie gagne prochainement le concours "Allons-y à Vélo" organisé par l'Association Vélo.


Un bémol cependant. Nous souhaiterions que les moyens financiers et surtout les objectifs de ce plan soient précisément quantifiés, à partir d'un état des lieux des habitudes de déplacement des employés. La mise en place d'un comité de suivi nous apparaît aussi nécessaire, ainsi que la publication d'un rapport annuel.

vendredi 17 septembre 2010

Le vélo, signe intérieur de richesse


Ce vendredi soir, petite soirée particulièrement sympathique et intéressante à la Maison du Vélo où étaient exposés des vélos futuristes. Voici mon préféré, le cyclo-mixeur de l'entreprise de livraison à vélo Cyclo Transport. Comme quoi le vélo d'intérieur peut servir à autre chose qu'à faire des km fictifs. Le cocktail de fruits étaient très bon !

jeudi 16 septembre 2010

La petite reine, star de l’asphalte

( Article publié dans Direct Toulouse, le 16 septembre 2010 )

A Toulouse, il y a plus de 300 kilomètres de pistes cyclables et 276 kilomètres de zones mixtes, limitées à 30 km/h.

La Semaine européenne de la mobilité débute aujourd’hui dans la Ville rose. L’objectif annoncé de ces sept jours (jusqu’au 22 septembre) est d’inciter les habitants des grandes agglomérations qu’un moyen de déplacement réfléchi est une façon de réguler non seulement le flux des automobiles mais aussi de réduire les émissions de gaz à effets de serres. En deux mots : promouvoir l’éco-mobilité. Parmi les moyens de transports, les plus propres, la petite reine fait figure de star de l’asphalte. A Toulouse, le vélo est en passe de devenir l’un des moyens de locomotion les plus en vogue pour se déplacer dans-la ville.

Plusieurs raisons à cet engouement : l’implantation des vélos en libre-service, depuis trois ans (système Vélo Toulouse) rencontre un véritable succès et la municipalité a développé un large réseau de pistes cyclables. Au total, ce ne sont pas moins de 691 kilomètres (dont 304 dans la seule ville de Toulouse) de voies réservées aux vélos qui ont été construites dans l’agglomération (chiffres arrêtés au 30 juin 2010).

Les dernières créations de voies cyclables en date sont une liaison entre le Parc Activité Canal et la station de métro Ramonville (300 m), une partie de la Grand-Rue-Saint-Michel (750 m), et plus de 2,5 kilomètres sur la route d’Espagne. D’autres projets d’axes cyclistes sont à l’étude pour les mois à venir : le faubourg Bonnefoy et la route d’AIbi, le Grand Rond, l’avenue de Rangueil, et puis surtout l’aménagement de pistes cyclables tout le long du tracé de la nouvelle ligne de tramway entre la station Arènes et la zone de Garossos.

Zones de mixité

En plus des voies strictement réservées aux vélos, la municipalité instaure des zones limitées à 30 km/h (276 kilomètres à Toulouse au 30 juin 2010). « Les zones 30 sont des endroits de mixité entre voitures, vélos et piétons, où les cyclistes se sentent en sécurité. Nous souhaitons développer au maximum ces zones dans l’hyper-centre de la ville », explique Philippe Goirand, conseiller municipal délégué aux pistes cyclables et secrétaire de la comission transports au Grand Toulouse.

vendredi 10 septembre 2010

Vélo-école

Ce vendredi, j'ai participé à une réunion très constructive avec les responsable de la Maison du Vélo et les services du Grand Toulouse pour développer notre proposition de vélo-école en partenariat avec les établissements scolaires. L'objectif est ambitieux : 1500 jeunes formés d'ici fin 2011.
L'occasion de vous faire connaître le diplôme que j'ai obtenu lors de Velo-City à Copenhague (qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour faire avancer la pratique du vélo...). Faites le test vous-même ; êtes-vous capable de :
- regarder derrière vous en roulant
- lever la main en stoppant (comme tout bon cycliste à Copenhague)
- zigzaguer entre des cônes
- rester en équilibre sur le vélo en prenant un ballon dans un panier pour le mettre dans un autre.